vendredi 18 juillet 2008

Le tissage des cheveux en vogue à Paris


La rue du Château d’eau, dans le dixième arrondissement de Paris est réputée pour ses salons de coiffure africains à la mode. Les enseignes indiquant l’univers de la beauté du cheveu pullulent le long de la voie secondaire, où toutes les diversités culturelles se côtoient dans la bonne humeur au quotidien. Un travail soigné au milieu d’un brouhaha rythmé par un fond de musique du coupé décalé de la Côte d’Ivoire, pour mettre l’ambiance, c’est l’univers du salon de coiffure « Mondial Afro ».

« Ma coupe, je la préfère courte »

Ici, les coiffures diffèrent les unes des autres. Celles en vogue, comme le tissage chez les dames ou encore les « dread locks » attirent une clientèle de plus en plus nombreuse.
Carine a décidé de poser un tissage naturel de préférence : « c’est à la mode et c’est plus jolie comparé à un tissage synthétique. La mèche naturelle, ça fait comme les cheveux. C’est soyeux, doux et facile à coiffer. Ma coupe, je la préfère courte, parce qu’il va faire chaud ».
Marina quant à elle préfère les dread locks pour cet été qui s’annonce plutôt chaud « ça me rappelle la Jamaïque, un pays que j’adore, Bob Marley. Et puis, c’est à la mode ! Tous les jeunes actuellement ont des locks ».

« C’est la débrouillardise qui m’a amené à coiffer »

Zita la coiffeuse, 34 ans, concentrée sur un modèle de tissage me lance entre deux nattes « Un tissage bien fait prend 1h 30 de travail au minimum, et selon le modèle désiré par la cliente. Il y a les tresses lâchées, collées, longues et courtes ».
« C’est pourquoi il vaut mieux prendre rendez-vous pour être sûr d’être tressée ».
Beaucoup d’Africaines comme Zita, qui possèdent un salon de coiffure, n’ont pas eu de formation professionnelle « C’est la débrouillardise qui m’a amené à coiffer. Quand on est étranger sans qualification et mère de famille, on remue ciel et terre pour avoir de quoi subvenir aux besoins de la famille. J’ai 8 ans d’expérience, et aujourd’hui je forme d’autres filles ».

Mais Zita ne souhaite pas se mettre à son propre compte : « Pourquoi faire ? » s’écrie –t-elle- avec un accent ivoirien. « Les clients ne viennent que là où ils ont l’habitude de se coiffer. Donc ça ne sert à rien d’ouvrir un espace pour recevoir les gens une fois en passant ».
La vie de la rue du Château c’est aussi s’accrocher de toutes ses forces dans l’espoir de s’affirmer au milieu de toutes les autres structures concurrentes.

http://www.flickr.com/photos/26378630@N06/sets/72157606232668770/detail/

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